|
Il y a deux hivers de cela, nous étions partis avec quelques potes à Val Thorens pour deux semaines de ski. Tous célibataires, nous pratiquions la drague hors piste. C'est à dire sans complexe et tout schuss, mais pas sans protection. Ca passe ou ça casse. Et ca cassait plus souvent que ça passait. De ces deux semaines, il m'est resté une histoire que je n'oublierais jamais.
Ce jour là, la météo n'était pas des plus radieuse: chute de neige abondante, du froid et du gris. La drague risquait d'être un peu plus compliquée que d'habitude, les skieuses préférant rester sous la couette que dans la combi. Mais cela ne nous a pas trop décourager. Nous avions deux semaines de passe 3 Vallées, hors de question d'en perdre ne serait-ce qu'une journée. Nous voila donc parré pour notre opération "tempête du ski", quand je me rend compte que je n'ai plus de clopes. Vous me direz, qu'est ce que je vais m'emmerder à faire la queue au tabac du coin pour un paquet de Marlboro alors que je ne pourrais pas en griller une seule sur les pistes. Ne contrariez pas la logique du fumeur. Et sans cet arrêt au stand, peut être que je n'aurais pas vécu ce que j'ai vécu. Mes potes ne m'ayant pas suivi, on devait donc se retrouver en haut des pistes. Sachant pertinament que je ne les retrouverais pas, le temps de monter, ils seront déjà redescendu. A moins qu'ils ne réussissent à coincer des mouflonnes en chaleur...
Clopes en poches, je me dirige vers le téléphérique qui nous emmène vers les 3 Vallées. Pas de nanas seules ou en groupe. Uniquement des skieurs hyper concentrés, en train de faire la gueule du skieur hyper concentré. Et puis un couple, la quarantaine. Lui, beau gosse. Elle, bombasse... Plus on montait plus, le temps devenait incertain. Grisaille opaque, neige de plus en plus abondante. La cabine tanguait parfois au gré du vent. Je commençais à me dire que j'aurais du rester au pieu avec un café chaud plutôt que de me retrouver tout seul comme un con des alpages sur une paire de ski frigorifié. Descente du téléphérique et on se dirige vers les oeufs. Plusieurs des skieurs hyper concentrés chaussent les ski, quelques uns prennent le même chemin que moi. Dont le couple beau-gosse-bombasse. Et par le plus grand des hasards, je me retrouve dans la même cabine qu'eux. Et personne derrière moi pour compléter la cabine six places. Assis dans le sens de la marche, le couple me fait face. Echange de paroles entre eux, ils sont italiens. Elle me regarde et me sourit. Sourir renvoyé. Elle se tourne vers son mari et lui glisse une parole dans l'oreille. Il me regarde aussi, me sourit. Idem. Puis ils commencent à se rouler des galoches, la main de la nana glissant vers les cuisses de son mec. Et puis, soudain, la cabine s'immobilise. Les italiens stoppent net leur roulage de pelles et commencent à rouspéter dans la langue de Visconti. Les minutes passent et la raggazza dit à nouveau quelque chose à son mec, un peu plus fort. Mais aussi incompréhensible pour moi. Le type me regarde et me demande, en français, comment je trouve sa femme. Un peu décontenancé, je répond "très belle". Le type traduit pour elle. Elle sourit à nouveau et se penche vers moi en posant sa main sur ma cuisse. Elle me regarde intensemment avec ses yeux bleus pastels et me parle en italien. Traduction du gars: "ma femme te trouve très mignon et aimerait voir ta bite".
[a suivre...]
|