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Nicole
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J’ai parfaitement compris ce qui était derrière la quéstion de Nicole lorsqu’elle m’a demandé si je ne me sentais pas isolé là où j’habite à la campagne dans un endroit bien perdu il est vrai. Elle me disait: Vous êtes un branleur et je le sais. Je n’était point gêner. Sa franchise, qui n’avait rien de méprisante, m’a plûtot plu. D’abord, je suis bien un branleur. Je lui ai répondu d’ailleurs, sur le même ton, que j’étais solitaire dans mes habitudes. Je lui aurais tout dit là-dessus avec plaisir si elle avait voulu. Sans réticence aucune. Mais on est resté là, évidemment. Elle est comment, Nicole? Petite, très Francaise à la façon melangée de méridional et de race du nord, brune, mince. Ni jolie ni laide; on ne se retournerait pas sur elle dans la rue. Elle a des cheveux assez rebelles qui lui couvrent les épaules mais qu’elle ramasse le plus souvent dans un chignon. Elle a très peu de poitrine mais porte toujours un soutien gorge simple que l’on voit de temps en temps par l’entrebaillement de sa chemise ou par le décollèté de son t-shirt lorsqu’elle se penche. Ca n’arrive jamais par accident chez une femme. Pourtant, on voit immédiatement qu’elle est pudique. Lorsqu’elle a fait allusion à ma masturbation, c’était un constat, non pas un défi ni un jugement. C’était une banalité pour elle qu’un homme qui vit seul soit masturbateur. L’important pour moi c’était qu’elle l’avait dit tout haut. Une sorte de complicité. D’après nos ages, Il se pourrait, de justesse j’admets, que je sois son père. Je préfèrerais inverser les rôles et qu’elle soit ma mère. Elle m’a parlé avec l’aise, l’autorité naturelle et détendue, d’une mère bien qu’on se connais à peine. Je la vois de temps à autre sur les routes depuis dix ans mais elle vient à la maison uniquement pour me faire des rares picqures. Comme dernièrement. Au début, son attitude était polie mais neutre (bien que c’est lors de sa première visite qu’elle ait débité sa fameuse quéstion/observation) mais j’ai vite vu qu’il y avait quelqu’un de chaleureux et de sérieux derrière cette réserve presque timide. Elle aimait parler de choses sérieuses; elle a du poids comme dirait Kundera. J’aime ça chez une femme. Maintenant, les piqures sont terminées; elle me manque.
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Posted on : Sep 14, 2010
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