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Je suis dans la vitrine. Le cul tourné vers la rue, pliée en deux, les mains posées sur mes fesses pour les écarter. Et derrière la vitre, ils passent, ils s'arrêtent, ils me matent.
La lumière est rouge, partout — une lumière de bouge, de vitrine à putes, qui me cuit la peau et fait briller mes fesses. Mes cuisses s'ouvrent, mon dos se creuse, et j'offre mon cul à la rue entière. Mon petit trou rose, bien exposé, bien éclairé, à hauteur de regard. Ma queue et mes couilles qui pendent entre mes jambes, lourdes, molles, balancées par la position. Mon string noir remonte sur mes hanches.
Dehors, il fait nuit, il fait froid. Les hommes sont emmitouflés dans leurs manteaux, les mains dans les poches, le col relevé. Ils s'arrêtent devant la vitre. Ils regardent. Ils me détaillent comme une marchandise — le cul, la raie, les couilles, tout. Ils ne paient pas encore. Ils hésitent. Ils comparent. Y'en a un qui reste planté là, le nez contre le carreau, la bouche entrouverte.
Moi je bouge pas, ou presque. Je me cambre un peu, je me trémousse, je fais jouer mes fesses pour qu'ils voient bien. Une vitrine, c'est fait pour ça : on expose, on allume, on attend le client. Je suis le morceau de viande du quartier rouge, éclairée au néon, bonne à baiser pour qui veut payer.
La vitre me sépare d'eux, mais elle me rend plus chaude. J'ai chaud, je bande à moitié, et je sens leurs yeux sur moi comme des mains.
Allez. Matez-moi. Puis entrez.
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