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Il m’est revenu en mémoire un de ces moments
magiques que nous avons presque tous connu à l’adolescence. Comme beaucoup de
ces premiers flirtes, il fut passionné et frustrant à la fois.
J’avais un très bon copain,Jean, depuis la maternelle. Nous avons grandi
ensemble et nos parents s’entendaient également très bien. Du coup, nos deux
familles partageaient pas mal de moments privilégiés : des pique-niques,
des sorties, des vacances…et cela pendant des années.
Moi, j’étais fils unique, mais Jean avait une
grande sœur. Nous jouions ensemble tous es trois depuis toujours et nous avions
noué une grande complicité entre nous. Ils étaient un peu les frères que je
n’avais pas eu.
Le temps est passé et nous avons grandi sans
même nous rendre compte…jusqu’à cet été au bord de la mer. Amélie, c’est ainsi
qu’elle s’appelait sa sœur, elle avait deux ans plus que nous et, cette
année-là, son corps changea considérablement, devenant une
jeune femme rayonnante !
J’avais l’impression de la découvrir pour la
première fois. Pour l’occasion, sa mère lui avait offert un maillot de bain de
jeune fille, hyper sexy. Elle avait évidemment pris de formes…je me souviens de
ses longues jambes fines, de ces jolies fesses rondes et de ses petits seins
qui pointaient fièrement en sortant de l’eau. J’étais fasciné et je crois bien
que je la dévorais des yeux malgré moi.
Plus je la regardais et plus je la trouvais
belle. Mon imagination prit rapidement le dessous en me faisant fantasmer une
hypothétique idylle entre nous (j’étais assez « fleur bleue » à
l’époque).
Curieusement, son regard à elle n’avait pas
l’air d’avoir changé. Nous continuions à jouer comme avant sauf que, maintenant, chaque contact
avec sa peau devenait une caresse…chaque sourire, une invitation…chaque regard, une raison de plus de tomber
amoureux.
Au fil des jours, mon attirance se
transformait peu à peu en excitation. Je me vois encore allongé sur ma
serviette en la regardant s’amuser dans l’eau, son corps trempé brillant au
soleil. Qu’est-ce qui pouvait exister de plus sexy ? D’ailleurs, cette
vision était si sensuelle à l’époque, que j’ai sentie une grosse érection
pointer son nez malgré moi ! Il n’était plus question alors de le
rejoindre en mer avant un bon moment…
Amélie était devenue une douce obsession, au
point que je m’arrangeais le plus souvent pour me placer à côté d’elle partout
où nous allions. Cela semblait beaucoup l’amuser, d’ailleurs.
L’anniversaire de mon copain tombait en plein
mois de juillet et, comme tous les ans, ses parents organisaient une grande
fête avec plein d’invités. Leur grande maison de campagne était remplie de
monde pour l’occasion et un allègre bazar régnait un peu par tout. Les
festivités se prolongeant une bonne partie de la nuit, le groupe de jeunes ados
que nous étions nous nous sommes retrouvés dans un coin du jardin pour faire le
« jeu de la bouteille ». Vous devez sûrement connaître le principe, filles
et garçons font un cercle autours d’une bouteille vide que nous faisons tourner
pour former des couples. Ensuite, le groupe choisit un gage que le couple est
obligé d’exécuter. Bien sûr, ce type de jeu est une sorte de rite de passage
pour s’initier aux vrais jeux de séduction ; vous vous doutez, alors, que
les gages allaient dans ce sens. Évidemment, même si on faisait tout pour ne
pas le montrer, nous étions tous très excités. On parlait fort et on rigolait
beaucoup…jusqu’au moment où la bouteille m’a choisi ! Qui allait être ma
partenaire ?
Je crois que vous l’avez déjà deviné, ce fut Amélie. Mon grand
soulagement laissa tout de suite la place à un sentiment de peur panique !
Tout à coup, je me suis dit que j’aurais préféré tomber sur une inconnue. Le
gage n’a rien arrangé les choses ; toute la bande nous a amené en
chahutant jusqu’à la cabane de jardin où ils nous ont enfermés avec la consigne
de s’embrasser sur la bouche !
On se tenait débout à l’intérieur du
cabanon dans une légère pénombre.
Nous entendîmes le groupe s’éloigner en rigolant. Mon cœur battait la chamade
et je me sentais très mal à laisse…C’est alors, qu’Amélie pris délicatement ma
tête entre ses mains pour m’obliger à la regarder droit dans les yeux. Je ne
sais pas pourquoi, mais ce geste m’apaisa instantanément, peut-être à cause de
la douceur de ses mains sur mon visage…Elle était plus grande que moi, c’est
qui la rendait encore plus « femme » à mes yeux. Nous étions si
proches que je pouvais sentir la chaleur de son corps et l’agréable odeur de sa
crème après soleil.
- Tu n’as pas peur ? – me demanda t-elle.
- N-non – j’ai
bredouillé.
- Tant mieux –
rajouta Amélie en me regardant fixement dans les yeux. Un ange passa avant
qu’elle se décidât à approcher ses lèvres des miens. Nos bouches se sont
touchées dans un baisers d’une grande douceur…J’ai senti, alors, un frisson
traverser tout mon corps ! Puis, machinalement, je l’ai pris dans mes bras
pour lui en faire un moi aussi !
Elle se laissa faire. Je pouvais sentir
maintenant ses petits seins collés contre ma poitrine. À cet âge-là, la scène
me semblait torride et mon excitation s’exprimait aussi dans mon
pantalon ! Je crois, d’ailleurs, qu’on était aussi excités l’un que
l’autre…
Puis, un grand coup sur la porte nous a coupé
dans notre élan !
- Vous êtes toujours vivants, les
amoureux ? – cria une des filles du groupe – C’est
l’heure de sortir ! – rajouta en ouvrant la
porte.
Bien sûr, nous avons eu droit aux moqueries de
rigueur et j’ai, sans doute, rougi. N’empêche que ce moment que nous venions de
vivre était magique !
Je dois dire que, pendant quelques heures,
j’étais plutôt euphorique puis, sans savoir trop pourquoi, je me suis dit qu’il
y avait quelque chose de « pas bien » dans le fait d’avoir embrassé
Amélie. Peut-être parce que je la considérais comme une sœur et que je trouvais
cela un peu incestueux (je sais, parfois je pouvais être un peu compliqué).
Quoi qu’il en soit, je me sentais coupable, ce qui gâcha considérablement mon
plaisir (et cela attisa ma
frustration par la même occasion).
Il ne s’est rien passé d’autre entre nous.
Trop peureux ou trop bête pour aller plus loin, je me suis contenté de la
regarder langoureusement le reste des vacances, tiraillé entre un sentiment de désir et un autre
de culpabilité en même temps.
Il n’y a qu’au fond de mon lit, pendant que je
m’abandonnais à quelques plaisir solitaires, que mon fantasme
« coupable » reprenait le dessous en me remémorant ce passage
merveilleux…
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